Messieurs

Assemblée Générale de l’A.F.H – Association Française des Hommes, Lundi 5 Septembre 2011.

« Messieurs,

L’heure est grave. Cette convocation pour une assemblée exceptionnelle vous aura peut-être surpris, mais la menace est trop grande, et il nous faut réagir, s’il n’est pas déjà trop tard.

Le rapport de notre observatoire des Hommes est édifiant : 7% d’entre vous suivent la mode. Peu importe qui, peu importe pourquoi, l’heure n’est pas à la chasse à l’homme mais à la contre-attaque.
Est-il besoin de vous rappeler, Messieurs, que des générations et des générations d’hommes, avant vous, ont résisté, malgré les menaces de leurs femmes, malgré la pression grandissante de la société, contre la dictature de la mode ? S’il n’y avait pas eu ce pacte de gentlemen, qui a perduré à travers les âges, Dieu sait où nous en serions à l’heure où je vous parle !

Nous nous épilerions les jambes, nous nous maquillerions nous aussi, pire, nous porterions des talons ! Seulement voilà, à chaque fois, les hommes ont su dire non, d’une seule voix. La tactique était imparable : qu’importe la beauté de la voisine du 3ème, qu’importe l’indifférence de la collègue de bureau, la concurrence entre les hommes ne se ferait pas sur le terrain du style ou de la coquetterie. Et aussi longtemps que chacun d’entre nous a respecté cette règle millénaire, nous avons pu sortir en jean-baskets, aller au resto en T-shirt Batman, aller travailler en chemisette pas repassée.

Mais voilà, il suffirait d’une poignée d’électrons libres, des briseurs de pacte pour essayer de marquer quelques points de plus auprès de la gente féminine et tout s’écroulerait : si lui peut repasser sa chemise, se raser de près, aller chez le coiffeur, pourquoi les autres ne le pourraient-ils pas ?
Regardons la vérité en face, Messieurs, notre monopole du « 0 style » est en train de s’effriter : hier encore, plusieurs d’entre vous ont été aperçus avec un pantalon rose corail, d’autres avec une chemise de bucheron dernier cri. Et pourquoi pas un masque anti-cernes ?

Messieurs, je ne vous parle pas de mode, de style, de coiffure. Je vous parle d’indépendance, de tradition et de liberté. Désolidarisez-vous et vous gaspillerez votre salaire au rayon « cosmétiques » avant d’avoir réalisé que la marche arrière n’existe pas. Ou battez vous, désertez les magasins, négligez-vous sans relâche, et soyez fier du monde que vous laisserez à vos fils ! »

« La mode est la plus excellente des farces, celle où personne ne rit car tout le monde y joue. – André Suarès ». Tu ferais mieux de prendre les armes André, au lieu de pactiser comme ça …

Bon lundi !

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