Le Beaujolais « nouveau » ?

C’était l’évènement à ne pas manquer cette semaine ! Le scoop de tous les scoops ! De quoi voler la vedette au nouveau gouvernement, au divorce de Tony Parker et aux fiançailles du Prince William : le Beaujolais nouveau est arrivé ! Ok, ok, j’en fais un peu beaucoup : c’est chaque année le 3ème Jeudi de novembre. Mais avouez-le, il a beau nous faire le coup tous les ans, ça vous fait toujours un petit quelque chose à vous aussi, non ?
Évidemment ! Et pourquoi vous croyez qu’ils l’ont mis en plein mois de novembre – le mois qui ne sert à rien ? C’est simple : au moment où il commence à faire bien froid, et nuit à 16h30, qu’on a le moral dans les chaussettes à cause de ce bronzage de pilote de sous-marin albinos, on est prêt à se raccrocher à n’importe quoi pour égayer un peu notre vie de merde ! Et même si c’est pour célébrer un gros rouge qui tâche un jeudi soir et se flinguer une journée de boulot le lendemain !

Alors, oui, on se donne un air, on se prête au jeu de l’éternel débat sur son goût de banane, de framboise ou de sous-bois un frais matin de printemps, mais personne n’est dupe : la bouteille de « Pisse-Dru » ou de « Cuvée du Patron » a juste un goût de fond de cubi laissé en plein soleil ! Et je me demande si ce n’est pas pour ça qu’on l’aime autant au final … Non, c’est vrai, dans un monde où l’on veut toujours plus, toujours mieux, quel bonheur de rendre hommage au vin le plus mauvais que la Terre ait jamais porté ! Dans un monde où les apparences comptent autant, quel plaisir de se créer l’occasion, pour un soir, d’avoir les dents violettes, les lèvres attaquées et l’haleine chargée comme un coureur cycliste ! Et dans un monde où tout va vite, trop vite, quel soulagement de retrouver, invariablement, ce goût magnifiquement râpeux et plus proche d’un mauvais vinaigre balsamique que d’un Mouton Rothschild !

Il y aura toujours des gens aigris pour nous expliquer que le Beaujolais nouveau n’est qu’une fête commerciale, des « amateurs de bon vin » pour cracher tout leur mépris quand on leur parle de cette piquette, des culs serrés pour préférer « la qualité à la quantité » ; mais aussi longtemps que Mr Beaujolais nous fera le plaisir de nous inviter chaleureusement à prendre l’apéro le 3ème jeudi de novembre, il pourra au moins compter sur moi pour venir vérifier, que cette année encore, et même après 10 verres, son vin est toujours aussi dégueulasse ! A votre santé !

« J’aime bien le Beaujolais, mais je préfère le vin. – Proverbe bordelais ». Depuis le temps que je vous dis que les Bordelais sont rabat-joie …

Bon lundi !

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