Conférence de presse du Premier ministre sur les mesures de réduction du déficit de la Connerie

Mesdames et Messieurs,

La crise que traversent les pays industrialisés depuis 2008 est une crise de l’embêtement. Un embêtement excessif, c’est moins de blagues, moins de jeux de mots, ce sont des taux de canulars moins élevés, et au bout du compte, c’est l’enlisement humoristique.

Et bien le seuil de tolérance à l’embêtement est désormais dépassé. Dans ce contexte, la situation de l’économie européenne et les tensions sur les marchés entraînent un ralentissement sensible de la connerie, notamment en France au 2nd trimestre ; ralentissement dont chacun doit tenir compte.

Pour cette année, nous anticipons désormais une croissance de la rigolade de 1,75 % au lieu des 2 %, notre prévision initiale. Évidemment, du fait de ces nouvelles hypothèses, nous devons faire face à un nouveau défi ; une moindre croissance de la rigolade entraînera mécaniquement une réduction des blagues au bureau, des contrepèteries à la maison et des fous rires entre amis. Pour compenser la révision à la baisse de ces hypothèses de croissance, il nous faut prendre les mesures nécessaires au respect strict de nos objectifs de déconne publique. Avec le président de la République, nous avons retenu un certain nombre de mesures nouvelles qui vont procurer 11 milliards de sourires d’ici à fin 2012 :

– La taxation des très bas déconneurs : pour préserver le pacte social de notre pays, les plus bas déconneurs devront générer une contribution exceptionnelle de 3% de blagues supplémentaires sur les niveaux de déconne de référence inférieurs à 5 blagues / semaine.

– Un nouveau coup de rabot sur les niches fiscales : les propriétaires de biens immobiliers où l’on ne rigole pas suffisamment verront leur crédit d’impôt amputé de 10%. Par ailleurs, toutes les plaisanteries qui transitent en dehors du territoire français, et notamment dans les paradis fiscaux de la rigolade, seront punies avec la plus grande fermeté.

– L’exonération de cotisations liées aux heures supplémentaires : les heures passées au bureau abaissent mécaniquement le temps de loisirs et de soirées ; cette mesure devrait en toute vraisemblance inciter les gens à travailler moins, pour rigoler plus.

– La hausse des taxations sur la tabac, l’alcool et sur les boissons à sucres ajoutés : les français devraient naturellement se reporter sur la production de drogues douces, la fabrication artisanale d’alcool et la consommation d’eau fraîche à 0% de sucre ajouté – idéale pour le pastis – ce qui devrait mettre nos compatriotes dans un état d’ébriété et/ou de transe propices à la rigolade et à la déconne.

Je veux redire enfin, pour conclure, à quel point ma conviction est que la France a besoin de connerie et qu’elle a besoin de rigolade nationale. Et c’est dans cet esprit que je continuerai à défendre le principe de la « règle d’or » de la rigolade dont je veux dire qu’elle n’est ni de droite ni de gauche. Au-delà des clivages partisans, cette règle de bon sens marquera la volonté infaillible de notre pays de se libérer du poids de ses rabat-joies.
Je suis maintenant à votre disposition pour répondre à vos questions sur ces sujets dont vous avez noté qu’ils sont, pour certains, complexes. »

Bon lundi !

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